lundi 2 novembre 2009

Aqua, no es lo mismo : Puro Chileno

"Puro Chileno" = Purement chilien.
- Ici, les égouts sont tellement mal conçus, que l'on doit tout jeter dans la poubelle à côté des toilettes. Super agréable...
- Ici, quand on décompte des nombres (par exemple les numéros de rues), on va du plus grand au plus petit.
- Ici, on paye l'internet à la semaine. Ici, l'architecture du réseau ADSL est super bien foutu : l'activation de la ligne prend maximum 48h. La désactivation en cas d'oubli de paiement (merci la proprio...) 2 minutes. La réactivation 10 minutes après paiement en ligne ou en boutique. Ici le débit ADSL est super élevé, mais les modems ADSL sont des modèles de 2000-2001, produits spécialement par les chinois pour le Chili, et ne supportent l'ADLS que jusqu'à 1Mbits/s, alors que les lignes supportent le 16MBits/s de l'ADSL 2... (Sachant que les nouveaux modems coûtent moins chers, consomment 15 fois moins, polluent moins lors de leur fabrication, sont plus sécurisé et plus faciles à intégrer dans l'architecture. Encore un e-nième pot de vin).
- Ici, l'inefficacité des "réseaux" est terrible : 1 mois de travaux pour rénover tout le système de canalisation d'eau de mon quartier. 24h plus tard, 6 ruptures. L'effet "siphon à vide" qui régit les principes des canalisation forcées pour faire monter l'eau en hauteur n'a pas été pris en compte dans le choix des matériaux. C'est vrai que pour quartier qui fait 250m de dénivelé, ce n'est pas important... Coupures d'eau tous les deux jours. Mais pas de facturation d'eau...
- Ici, il faut toujours compter 10% de "propina" (= pourboire) quelque soit l'achat?
- Ici, il doublent tous les sacs plastiques (supermarché, épicerie, etc.). Et en passant, ici, tu n'emballe pas tes achats, un étudiants le fait, et récupère son pourboire après.
- Ici, il y a un "dueño" (propriétaire ou responsable) dans chaque appartement/maison. Il est implicitement responsable de tout devant les autres occupants. ça rend les échanges de colocations étudiants (oubli de vaisselle, bruit tard le soir, etc.) plutôt tendus.
- Ici le kilogramme de fraises est à 0,20€...

samedi 31 octobre 2009

Semaine dans l'Atacama : Trek jour 3, vers l'infini et au delà

Aujourd'hui tentative du Sairecabur, culminant à 6050m.
Ancien volcan aujourd'hui éteint, il se trouve à cheval sur la frontière Chilo-Bolivienne.
Première mauvais nouvelle, pas un pet de neige. Préoccupant car un pierrier à 1800m dans le Massif Central c'est dangereux, alors je vous laisse imaginer à 200km de toute habitation, et à 5800m de surcroît.

Pour commencer, départ à 5400 m, merci le 4x4 et la piste plus la pourrie que j'ai pu voir (Aïe l tête dans l'habitacle) :

La montée est en pente douce, mais le trapèze sommital reste assez impressionnant malgré notre angle d'attaque par le col :



On garde l'humour malgré les affres de l'altitudes :
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Le rythme n'est pas dégueulasse, on a mis 1h30 pour aller jusqu'au col à 5800m, où nous attendaient une pause et une sieste d'une demi-heure bien méritées :

Ensuite, le rythme des photos s'est espacé, du fait de la concentration nécessaire pour le passage du premier pierrier : redescente à 5700m, puis remontée jusqu'à 5950m.
Le guide, voyant notre rythme ralentir dramatiquement, nous fit faire un arrêt à 5950m, en proposant de rejoindre un endroit à l'abri du vent afin de voir nos états respectifs.
Arrivés à cet endroit, il faut se faire à l'évidence : nous devons faire demi-retour. Entre la fatigue, l'altitude et le danger du second pierrier, nous devons reconnaître notre défaite.

video
Et là à 6000m d'altitude, le coeur battant la chamade, un dernier regard vers cette cime si proche et si loin pourtant :

Un petit aspirine pour moi, un demi litre d'eau pour Antoine, une gorgée d'oxygène en conserve chinoise pour Mauricio, afin qu'il garde l'esprit clair (c'est le guide quand même, même si à cette altitude, nous sommes tous les trois au même niveaux de compétences et de niveau intellectuel, c'est à dire trois enfants de 5 ans) :

Et enfin, les premiers pas de la redescente nous réservent alors une vue sur l'Altiplano et les Andes :

Je penses sérieusement que cette vue est la plus belle qu'il m'a été donné la chance de voir :

Et enfin, redescente au 4x4 tranquillement et retour à San Pedro de Atacama, 4000m plus bas, avec des poumons qui ont doublés de volume. La clôture de trois journées d'une intensité fabuleuse !

Que dire de l'altitude ? Je pense que la sensation est indescriptible. On ne sait que faire des choses simples. Chaque pas est comme un sprint, il faut prendre 3-4 respirations avant de passer au suivant. Impossible de se concentrer sur quelque chose, ça fait trop mal au crâne.
Parler est une torture. Poser son sac et enlever sa polaire est plus dur que de nager un bassin de 50m en crawl sprinté. Il faut 5 (vraies!) minutes pour ouvrir une banane (Un truc jaune, en forme de croissant, sucré...mmmh. C'est un fruit...du type banane... ça a une peau...Il faut donc l'enlever...Comment on l'enlève...).
Je vous laisse imaginer la scène quand il a fallu transvaser l'eau du camelback par effet siphon dans la bouteille pour prendre l'aspirine... 14minutes montre en main...

Mais en même temps, et bien on ré-apprends à écouter son corps. Chaque battement de coeur, chaque inspiration, chaque fibre musculaire est ressentie. On réapprend à suivre ses rythmes. On se sent de nouveau vivre par la fatigue, par la peur, par le paysage...

Semaine dans l'Atacama : Trek jour 2, Bivouac au Tatio

Pour clôturer ces 6 heures de marches éprouvantes (à 4000m, il faut le temps pour s'acclimater, surtout à 30°C à l'ombre...), nous avons pensé aller se baigner dans les sources chaudes du Geyser du Tatio. pas de chance, une entreprise de géothermie a fait exploser un geyser la semaine avant, et le secteur est fermé, sans compter les locaux qui n'apprécient guère que le gouvernement Chilien qui a vendu la zone à l'entreprise canadienne...

Donc mise en place du bivouac à 4500m d'altitude :

avec une vue magnifique sur le Licancabur et l'Altiplano :

Repas de roi, avec Mauricio, guide mais aussi cuisiner à ses heures perdues !

et au coucher du soleil, notre objectif du lendemain matin s'est dévoilé dans un cadre magnifique : le Sairecabur :

Avec le manque d'oxygène (4500m, 300m sous le Mont Blanc) et le froid (-30°C à 2h du matin quand je me susi réveillé pour boire), la nuit n'a pas été facile, mais on a quand même réussi à dormir vraiment pendant 6h, ce qui est beaucoup !

vendredi 30 octobre 2009

Semaine dans l'Atacama : Trek jour 2, Vallée du Rio Grande

Légèrement au nord de San Pedro de Atacama, on trouve le désert. Si on se déplace en direction de la frontière bolivienne (un peu à l'ouest), on arrive sur la puña puis sur l'altiplano.
Et reliant l'oasis de San Pedro à ces différents plateaux, jusqu'aux sommets des Andes, on trouve la vallée fertile du Rio Grande (pas celui des westerns ;-) ).

Cette vallée est habitée et cultivée par l'homme depuis des milliers d'années. Comme dans des régions possédant les mêmes profils géologique (altitude, chaleur, saison des pluies, rivières, influence "tardive" des occidentaux comme en Himalaya, on retrouve ici des cultures en terrasse :

On retrouve des cultures de Quinoa, d'herbes à maté, et d'autres verdures à racines enfouies :

Les indigènes locaux, les indiens atacameños, sont à la fois Péruviens, Boliviens, Chiliens et Argentin. Tout comme les tribus africaines, ils ont été séparées par des frontières tracées à la règle. Ils possèdent une identité très fort, qu'il arrive à faire valoir de nouveau depuis une dizaine d'année avec la mise en valeur de leur patrimoine (Le désert d'Atacama étant un des berceaux de l'humanité des Amériques). Ils vivent de leurs cultures, de la tonte des Alpagas (petits lamas très très poilus), et de la vente de souvenirs aux touristes.

Notre trek, a eu pour but de nous faire découvrir cette culture, de s'acclimater, et de découvrir l'Altiplano. Objectifs réussis ! Nous sommes partis à 3800m d'altitude, du village de "Rio Grande", pour une arrivée 12km et 6h plus tard à 4300m, dans le village de Machuca.

La vallée très fertile du Rio Grande :

Sur les hauteurs de la vallée, le retour vers le désert, culminant 200 à 300m au dessus du Rio:

Une maison en roches sédimentaires et en adobe :


Arrivée sur le plateau de l'Altiplano, pas très loin de la frontière Bolivienne, avec un élevage d'Alpagas en prime :

Arrivée au village de Machuca :



L'église de Machuca (incluant un cimetière) dans un style très "conquistador" :



Et pour finir, l'anachronisme d'un village indien comme celui de Machuca :


Semaine dans l'Atacama : Trek jour 1, Volcan Lascar

Imaginez quelqu'un qui "dégaze" (on va le présenter comme ça, c'est plus classe ;-) ), multipliez l'odeur par 1000, et vous avez l'odeur d'un cratère de volcan en activité...


Le licancabur est un volcan encore en activité de la cordillère des Andes. Il est actuellement considéré comme l'un des plus actifs de la région. Son ascension n'est pas garantie du fait des risques d'éruptions. La dernière "sérieuse" remonte à 2007, et il en prévoient une pour bientôt suite aux récentes activités sismiques du Pacifique.

Situé au milieu d'un plateau de "Puña" (pré-altiplano particulièrement fertile) Il est constitué d'un énorme cratère de 1km de diamètre, culminant à 5450m :

et de 6 sous-sommets entre 5200 (oui oui plus bas que le cratère!) et 5590m :


Le 4x4 nous a emmenés à 4800m (Le Mont Blanc ! Le Mont Blanc !) pour commencer l'ascension. Au programme, montée jusqu'au cratère, puis, selon les conditions, le sommet principal.

La montée jusqu'au cratère s'est faite les doigts dans le nez, à notre grande surprise (et à celle du guide ;-) ). On a mis 1h15 pour se faire les 600m de dénivelées. Pour cette altitude, je trouve que c'est une sacré performance. Bon en même temps, on est venu en 4x4...
Aucune difficulté, malgré les premiers effets de l'altitude, et un guide rendu malade par les fiestas de la semaine d'avant, et par les émissions de souffre.
Progressant à pas très lents, et respirant avec des mouchoirs sur la fin (le souffre ça encrasse les bronches !), nous avons enfin atteint la cime, sous les vibrations de moteur géant enfoui et les fumerolles géants Lascar :

Petite pause rapide le temps de mettre une veste (avec le vent sur le cratère dû au dégagement de chaleur du cratère, la température ressentie à chutée de près de 20 degrés sur les 100 derniers mètres), de faire quelques photos, de boire un petit coup.

Et là, second échec chilien pour Antoine et moi, le risque d'éruption commençant à être grand, Mauricio nous a proposé de remplacer le sommet par une soupe "carne-fideos" (viande et pâtes) à San Pedro.
Donc retour au 4x4, pour voir le soleil (nous sommes arrivés à la levée du jour) sur la puña, le Lascar et les sommets environnants :

Ci-dessus, le lascar fumant à gauche, versant Bolivien (côté Altiplano)


Ci-dessus, la "puña" s'étendant sur des dizaines de kilomètres, avec au fond le désert et les premiers contreforts des Andes.


Et enfin, ci-dessus, le lascar, l'éruption terminée, sur le versant Chilien

Bilan de la journée (terminée à 12h30 à San Pedro...), et bien une super ascension, un paysage sublime, que du bonheur, même pas entamé par l'échec du sommet (enfin, surtout de l'éruption !), prête à enchainer le lendemain !

Et en prime, sur le chemin du retour, une drôle de rencontre (photo spécialement pour ma petite Pougne et aussi pour ma chérie) :

Semaine dans l'Atacama : Trekking


Premier jour de trek. Bon ça fait super touriste "riche" de se payer un guide pour seulement deux personne. Mais au final, ici, c'est le meilleur moyen d'éviter les autobus bondés de "gringos", et de découvrir les "petits coins cachés", bref de sortir des sentiers battus.

Pour cela, notre recette : jouer le jeu du tourisme, par ce que les gens vivent aussi de ça, mais en respectant un maximum. Comme l'a si bien dis El Antoine, si on est venu ici, c'est pour découvrir la langue, la culture etc. Donc on passe par une agence de trek, car ils seront plus à même d'organiser un trek orienté montagne et alpinisme (enfin, "andinisme" plutôt ;-) ), mais on a bien pris soin de vérifier qu'ils faisaient travailler des locaux, et on a demandé bien sûr un guide local, parlant espagnol, plutôt qu'un guide Français comme ils nous le proposaient...

Finalement recette gagnante, car Mauricio notre guide, Atacameño (originaire de San Pedro de Atacama),
connait à peu près tout le monde ici, et Mauricio, le conducteur de 4x4, travaillant normalement en Patagonie,
nous ont permis de découvrir les versants touristiques ET normaux de San Pedro.

Premier contact avec le guide, durant le jour de visite, son premier commentaire : "ah mais vous êtes étudiants ? Je pensais que ça allaient être deux 'vieux' français. Bon dans ce cas, je vais changer le programme. L'agence vous fait payer trop cher pour ce qui est prévu. Je vous propose un volcan en activité, un trek pour découvrir les "locaux" et s'acclimater, et un sommet de 6050m ?"

ça donne l'esprit de la suite : trois jours de pur éclate !

mercredi 21 octobre 2009

Semaine dans l'Atacama : Objectif Licancabur

San Pedro de Atacama et sa région ont été volés à la Bolivie par le Chili lors de la seconde guerre du Pacifique (1879-1884). Le découpage des nouvelles frontières s'est fait un peu comme en Afrique : à la règle.

Dominant l'oasis que forme San Pedro, et ouvrant les premiers contreforts de l'Altiplano, le volcan Licancabur symbolise ce découpage : versant Ouest Chilien et versant Est Bolivien. La route 27 passant à son pied, part du poste frontière de San Pedro de Atacam et traverse la frontière pour aller à Casa Quemada en Bolivie (un pueblo poste frontière rempli de Boliviens anti-chiliens, amateur de la "plata" (fric, argent) des touristes.

Ce volcan, qui n'est plus en activité, culmine à 5916m environ. Son sommet est enneigé lors de la saison des pluies, en été, vers Février-Mars. Son ascension n'est possible que par le versant Bolivien, des mines empêchant le passage côté Chilien. On trouve un lac gelé à son pied au Sud, avec une biodiversité étonnante au vu des conditions (4000m d'altitude, peu/pas de pluie, gel, sel, etc.).

Le licancabur est un volcan à carte postale :

Il domine paisiblement la région, de part son isolation et sa forme "classique" de volcan éteint, en pente douce :

Mais suite à de petits soucis administratifs et d'incompréhension douanière, nous n'avons pu passer en Bolivie, donc exit la tentative d'ascension du Licancabur. A la place, le guide du trek nous proposé de faire le point culminant du secteur, le Sairecabur, caché derrière :